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Stage enseignants
 avec Louis Renelleau et Frédéric Demontfaucon
Entre tradition et modernité
  Ouvrir une voie entre tradition et modernité. Donner à voir un judo riche de son passé et évolutif. Un art martial qui se nourrit du savoir des maîtres et du vécu des compétiteurs. Plus qu’un énième stage enseignants, la ligue de l’Essonne a voulu, samedi 6 novembre, au dojo de Brétigny-sur-Orge, retendre les liens, parfois distendus, entre le judo actuel poussé vers la compétition et le judo authentique garant des fondamentaux.

Stage enseignants Frédéric Demontfaucon
Frédéric Demontfaucon
« Si tout le judo se base sur l’arraché et abandonne les beaux mouvements (l’esthétique) qui sont nécessaires pour être efficace, il perd de sa valeur. » Conscient de ce danger, Louis Renelleau, 7e Dan, défend un judo « esthétique et efficace » qu’il promeut auprès des enseignants. En bon pédagogue, il a su captiver l’attention des 70 professeurs et élèves présents. Autour du concept de « carte de visite du judoka » (connaissance et maîtrise de techniques personnelles), il a développé une méthodologie directement applicable pour le passage de grade et la compétition. Basée sur la morphologie et la personnalité du judoka, elle vise à la pratique d’un judo de « sensation », et non sur « une connaissance livresque ». Ainsi le judoka perfectionne des techniques dans lesquelles il se sent bien. Après la théorie, la pratique. Partant de trois techniques de projection, Ko-Uchi-Gari, Tai-Otoshi, Sasae-Tsuri-Komi-Ashi, Louis Renelleau a notamment décliné différentes opportunités offertes par Uké ou créées par Tori. En avant, en arrière ou latéralement, selon que Uké avance, recule, attaque, défend. Ainsi naît une multitude de possibilités. Autant de réponses à un maximum de situations. Le judoka gagne en efficacité et en dynamique. « Son judo n’est plus monolithique, explique le maître, en un dixième de seconde il peut créer une autre opportunité. » Une opportunité qui, avec un déséquilibre, un bon placement du corps et une projection, se transforme en un ippon. Le minimum d’effort pour le maximum d’efficacité cher à Louis Renelleau, qui démontre au passage que la définition du judo par Maître Jigoro Kano comme « le meilleur usage de l’énergie » est toujours d’actualité.

Du maître au compétiteur
  Après le maître, c’est le champion Frédéric Demontfaucon, licencié à Sainte-Geneviève-Sports, qui a conduit la deuxième partie du stage. Pour cette première en tant qu’intervenant, il a fait partagé son vécu de compétiteur. Montrant, expliquant les déclinaisons des techniques en compétition. « J’ai essayé de montrer les techniques de bases qu’on a tendance à oublier dans la pratique, analyse le champion du Monde 2001. On est tous un peu plus attentif, c’est vrai, aux choses nouvelles. » Au contact des participants, le judoka a semble-t-il savouré le moment : « C’est une bonne expérience. Le contact est intéressant. Il y a plein de questions qui débordent parfois mais ce n’est pas grave. » Et de conseiller aux professeurs qui forment les futurs compétiteurs de leurs apprendre à « ressentir » le judo. Un message qui fait écho aux propos de Louis Renelleau qui souhaite un judo de « sensation ». En faisant le lien entre la formation du judoka et la compétition, la ligue souhaitait souligner l’imbrication des deux. « Des bases solides servent les compétiteurs », assure Michèle Lionnet, cadre technique régional. Un discours que Philippe Pigniard ( Judo-Club Dourdan), sur le point de devenir enseignant, a intégré. « On oublie parfois le palmarès des professeurs, leur vécu, leurs références. C’est dommage. Ils nous apprennent les bases, les erreurs à ne pas commettre. La compétition est plus brutale, moins jolies, moins harmonieuse. Que Frédéric Demontfaucon soit là est important car il est crédible. S’il fait cela, c’est peut-être que cela marche. Les deux approches m’ont intéressé. » Car au final, c’est le judo qui gagne. Comme semble l’indiquer Eric Villant, le président de la ligue : « Il faut remettre le judo au centre, au milieu des préoccupations. Travailler autant dans un sens que dans l’autre. »

Jérôme Béchet